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Solitaire du Figaro, prologue aujourd'hui au Havre Eliès : «Une envie de revanche»
Dimanche, 25 Juillet 2010 06:59

A 36 ans, Yann Eliès va disputer sa 12e Solitaire du Figaro. Deuxième l'an passé, le Briochin revient à la charge, cet été, plus motivé que jamais. Ses impressions à l'approche du coup de canon au Havre.



Yann, c'est votre 12e participation, cela commence à compter?
«Douze : j'ai arrêté de compter. Je laisse cela aux journalistes (rire). Il ne faut pas avoir peur du mot, je suis un ancien. Dans cette série, on passe vite de bizuth à ancien quand on la fait quasiment tous les ans. C'est une passion et pas une nécessité.»

Que représente cette course pour vous?
«C'est un peu la course d'une vie qui a été un fil rouge pour moi en tant que main et homme. Je l'ai démarrée sur un quiproquo. Je l'ai faite parce que mon père l'avait courue et gagnée. Mais l'héritage n'était pas facile. A mes débuts sur cette épreuve, je n'avais pas encore l'amour du large, l'expérience. Les deux-trois premières années, c'était un peu douloureux. J'ai eu le déclic à partir de 2001 quand je suis revenu de The Race (course autour du monde en équipages sur multis). J'ai compris ce que c'était d'arriver à se dépasser pas dans la douleur mais au contraire en éprouvant un sentiment de plénitude.»

L'an passé, cette course vous a vu revenir après votre accident dans le Vendée Globe. Avec une victoire d'étape, cela vous a mis du baume au coeur?
«Oui, énormément. L'an passé, j'avais un objectif qui était de rebondir après ma grave blessure dans le Vendée. Il fallait que je recouvre mes moyens et la confiance. Un tel objectif, cela sublime, ça permet de se transcender. Cette année, cela va être très différent mais j'y reviens avec une énorme motivation. Ma blessure n'est plus qu'un mauvais souvenir. Je me sens gonflé à bloc, physiquement et moralement.»

Au départ de la dernière Transat ag2r au printemps, vous aviez la hargne et vous étiez plein d'espoir. Mais le scénario de la course vous a été contraire (19e). Cela a été difficile à digérer?
«Au départ de cette transat, on avait le sentiment d'être en phase, d'être au point. On avait gagné le prologue, on avait l'impression que ça se présentait bien. Mais c'est une course ingrate où il suffit de rater un tout petit coup et après, on passe trois semaines en mer à regarder les copains se battre devant. Mais j'ai tourné la page. Du coup, j'aborde cette Solitaire avec une envie de revanche. C'est ce qui va m'animer pendant trois semaines. »

Quel est votre objectif sur cette 41e édition?
«Il y a le challenge de faire une belle Solitaire car je suis tout proche de finaliser avec un ou des partenaires pour refaire le Vendée Globe. Le temps s'écoule et idéalement, il faudrait signer en septembre ou octobre. Ces partenaires éventuels vont suivre la course avec un oeil particulier. J'ai fait deux fois deuxième en 2004 et 2009, trois fois cinquième. Donc l'objectif, c'est la gagne. »

Que vous inspire ce parcours assez technique?
«Techniquement, il est rythmé par un grand nombre de passages à niveau et ce format va permettre d'espérer jusqu'au bout. Même si quelqu'un arrive avec trois-quatre heures d'avance sur la première étape, il y a un paquet de dificultés qui permettront de se refaire. Il se caractérise aussi par de longues étapes. J'aime bien ces étapes au long cours qui obligent à puiser au plus profond de ses ressources physiques et mentales. »

Il y a un plateau très relevé et beaucoup de prétendants avec plusieurs marins de retour du circuit 60 pieds. Est-ce un retour aux sources par défaut?
«Non, c'est plutôt une façon de se remettre en question. On ne peut pas réussir sur cette course si on y vient par défaut. Il faut aimer l'exercice de naviguer en solitaire en se mettant dans le rouge au niveau du sommeil. C'est un sprint de tous les instants, un véritable combat avec tous les autres concurrents. Le Figaro, c'est une grande classique que tout marin rêve de gagner. Cette épreuve couronne toujours un grand champion. »

A quoi tient la victoire qui vous a, pour l'instant, échappé?
«Il faut être conscient que chaque année il y a un marin qui est touché par la grâce. Au départ, il a les mêmes compétences que les autres, mais pour celui-là, tout va mieux s'enchaîner. L'an passé, je pense que je perds l'épreuve à 1h 30 de la fin à Dieppe, sur une petite faute d'inattention. Il y avait plusieurs marins en passe de l'emporter, cela a souri à Nicolas (Lunven). La voile est un sport où il y a beaucoup de rebondissements, de joie et de tristesse. Mais quoi qu'il arrive à la fin, on a vécu des émotions fortes. C'est ce qui en fait le charme et la richesse.»

  • Recueilli par Gilbert Dréan
  • www.letelegramme.com

jean philippe

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Mise à jour le Dimanche, 25 Juillet 2010 07:03
 
 
 
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