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Yann Eliès (Génerali) 2e derrière Armel Le Cléach
Samedi, 31 Juillet 2010 09:11
Voile samedi 31 juillet 2010

Yann Eliès (Generali) a coupé la ligne en deuxième position, 15 minutes derrière Armel Le Cléach.

Les deux skippers naviguaient bord à bord depuis l’entrée dans le Golfe de Gascogne et avaient choisi une trajectoire, légèrement à l’est de la route directe. Yann Eliès écopera cependant d’une pénalité d’au minimum 30 minutes, pour avoir rompu les scellés et fait usage de son moteur afin de se déséchouer sur une plage de Primel (Nord Finistère), le deuxième jour de l’étape.

source ouest france

 

toutes nos félicitations à Yann surtout après l'épisode de la plage!

quel marin!

jean philippe

Mise à jour le Samedi, 31 Juillet 2010 09:14
 
Yann deuxième!
Samedi, 31 Juillet 2010 09:04

Les premiers mots des vainqueurs de Gijón 31-07-2010

A Gijón cette nuit, on salue les vainqueurs de cette extraordinaire première étape, remportée à 1h14 ce samedi 31 juillet par Armel Le Cléac’h (Brit Air), devant Yann Eliès (Generali-Europ Assistance) et Eric Peron (Skipper Macif 2009).

Un classement qui s’entend avant Jury. Celui-ci statuera notamment sur le cas de Yann Eliès lors de la session prévue à Brest.

Mais n’anticipons pas. Aux pontons du port de plaisance, les arrivées se succèdent, avec des écarts certes significatifs – à partir du 7e on est à plus d’une heure du leader et plus d’1h30 à partir du 22e – mais finalement pas si conséquents au regard des 515 milles de cette première manche marquée par des rebondissements incessants et un nombre incroyable de « coups » à jouer.

 

Voici les premières déclarations de ceux qui deviennent cette nuit les hommes à battre de cette Solitaire du Figaro 2010.

Yann Eliès (Generali-Europ Assistance, 2e à 14’32’’) : « L’alarme ne s’est pas mise en route et j’ai fini à la côte. C’est une grosse erreur, j’hypothèque peut-être mon Figaro là-dessus alors qu’aujourd’hui, je serai idéalement placé. Mais c’est le jeu, ça fait partie des histoires de La Solitaire du Figaro. Après, je me suis dit qu’il fallait faire comme Damian Foxall en 1999. Il était tombé à l’eau. On l’avait ramené sur son bateau et il s’était dit qu’il fallait gagner la manche et il l’avait gagnée. Mon objectif, c’était ça, la gagner et je ne suis pas loin. Je n’ai pas à rougir de ma course. J’ai super bien navigué, je suis content de moi. Ca n’a pas été facile de se remettre de mon échouement sur la plage. J’ai bien compris qu’il s’était passé quelque chose de grave et que ce n’était pas bien pour la course. J’ai eu le sentiment que c’était terminé. Je me suis même demandé s’il fallait que je continue et puis j’ai réussi à rebondir. Ce qui veut peut-être dire que j’ai du caractère. Stratégie claire Pour le golfe de Gascogne, le briefing de Jean-Yves Bernot nous a bien aidé. J’avais la situation bien en tête. Je sais qu’il y en a qui aiment bien faire tourner des routages, mais pour moi le scénario était clair. J’ai allumé l’ordinateur pour passer dans les cailloux mais c’est tout, je n’ai jamais fait tourner un routage. Après, quand on a un lièvre comme Armel et qu’on a la vitesse, il n’y a pas grand-chose à tenter de plus. Des rebondissements dans tous les sens C’est vrai que le secteur Le Havre / le raz de Sein a été incroyable, ça a été vraiment une des plus belles tranches de régate que j’ai eu à faire. Il y a eu des rebondissements dans tous les sens, des coups osés. C’était sympa à faire et en même temps, je me sentais à l’aise là-dedans: les courants, les cailloux, c’est mon truc. Donc, j’ai pris beaucoup de plaisir. Jury On va attendre Brest la décision du jury pour savoir à quelle sauce je vais être mangé. Il va falloir que je porte ça jusqu’à l’arrivée mais ce qui est sûr, c’est que j’ai encore envie de me battre. Je me sens à l’aise, je sens que je peux faire quelque chose de bien.

Je suis confiant. »

 
des nouvelles
Vendredi, 30 Juillet 2010 13:10

Passionnante et bientôt épuisante 29-07-2010

Sous spi depuis l’aurore, les 45 solitaires, à la latitude de Belle-Ile, plongent bon train vers le sud, emmenés par un trio composé d’Armel Le Cléac’h, Yann Eliès et Thomas Rouxel. Mais la hiérarchie est hautement instable et évolue à chaque classement. La course au portant est passionnante et va bientôt devenir épuisante. Dans le golfe de Gascogne, une dorsale ventrue guette les marins. Il faudra la franchir et se coltiner de longues heures de petit temps. Gijón est encore bien loin… C’est la mi-parcours. En distance. Mais vraisemblablement pas en temps. Car les 45 Solitaires attaquent aujourd’hui ce qui s’avère finalement être le plus gros dossier de cette première étape de 515 milles : un golfe de Gascogne occupé par une vaste dorsale, synonyme de calmes. Les derniers routages prédisent au moins 50 heures de spi et d’empannages dans le petit temps. Les premiers concurrents sont attendus à Gijón, tenez-vous bien, entre le samedi 31 juillet 18 heures et le dimanche 1er août 6 heures… « Se donner des baffes » En course, la panne de carburant est souvent plus redoutée que l’excès de vent.

Se retrouver planté au bord de la route, les voiles faseyantes, avec la peur de voir ses adversaires démarrer sur la voie d’à côté est une situation épuisante pour les nerfs. Et pour les organismes. Pas question d’aller dormir, il faut veiller pour faire marcher, choisir où empanner pour ne pas se faire prendre dans les tentacules de l’anticyclone. Le manque de « zef » appelle parfois l’excès de zèle. Déjà éprouvés par 48 heures de course côtière entre la Normandie et la Bretagne, les coureurs vont devoir puiser dans leurs ressources et « se donner des baffes » comme disait Jérémie Beyou ce matin, pour rester éveillés et pertinents sur les 230 milles de chemin vers Espagne. « Ils ont fait le plus facile » résume laconiquement Sylvain Mondon de Météo France….Et pour recharger les batteries avant la pétole, c’est un peu aujourd’hui ou jamais.

Ce jeudi après-midi, alors que les concurrents perdent de vue les côtes françaises et que le soleil fait enfin son apparition, le vent de nord-ouest souffle autour des 15 nœuds et dans une houle en formation, certains Figaro 2 s’offrent encore de jolis surfs… Demain vendredi, ce ne sera plus tout à fait le même décor. Sous spi, à la lutte, jusqu’au bout Après deux jours de louvoyage, 45 spis comme autant de touches colorées ont éclos au petit matin du côté de Ouessant. Entre les chenaux et les îles, les partisans de la côte ou les dissidents du large, la bagarre suit son cours. Pour l’instant, elle n’a abouti qu’à une sorte de match nul, laissant intacts les espoirs des protagonistes. Tout le monde enchaîne bons et mauvais coups stratégiques. Depuis le premier pointage du matin, la hiérarchie a aussi connu de sacrés remaniements. Certains marins ont fait des bonds et des chutes de 10 ou 15 places entre chaque classement. Quelques-uns confessent même y perdent leur latin.

Armel Le Cléac’h, quant à lui, semble maîtriser la situation. Parfaitement dans le coup le long des côtes bretonnes, le pilote de Brit Air, en tête d’escadrille, emmène son petit monde, moins d’un mille devant Yann Eliès.

L’échouement de la veille au soir sur la plage de Primel (Finistère) n’est donc plus qu’un vieux souvenir pour le skipper de Generali-Europ Assistance. Son cas (déplombage et utilisation du moteur pour se déséchouer) sera jugé à Brest. Ayant agi pour la sécurité de son bateau, il ne risque pas une disqualification, mais à coup sûr une pénalité en temps qui, selon le Jury de La Solitaire, se montera au minimum à 30 minutes. Dans ce top 5 suivent dans l’ordre Thomas Rouxel (Crédit Mutuel de Bretagne), Eric Peron (Skipper Macif 2009) et Karine Fauconnier (Eric Bompard Cachemire) auteur d’une superbe remontée. La flotte s’est répartie d’Ouest en Est sur une quinzaine de milles. Jérémie Beyou (BPI), Gildas Morvan (Cercle Vert) et Yoann Richomme (DLBC) ont choisi de se démarquer au large mais ne sont pas les plus extrêmes dans cette position. A l’opposé, Nicolas Lunven (Generali) et Sébastien Josse (Vendée) glissent plus près des côtes. En distance au but, on trouve encore 25 bateaux en moins de 5 milles. Seuls Louis-Maurice Tannyères (St Ericsson), unique concurrent à avoir emprunté le Fromveur ce matin et le Portugais Francisco Lobato (ROFF/Tempo-Team) qui n’est jamais parvenu à refaire son retard du départ, sont distancés à 21 et 28 milles des leaders. Malheureusement pour eux, cet écart va se creuser car le vent profite à la tête de course. Demain vendredi, un nouvel écueil attend la flotte aux abords de la dorsale. Pour reprendre les mots de Karine Fauconnier et de ses compagnons de route : « tout se jouera dans le golfe de Gascogne ».

Mise à jour le Vendredi, 30 Juillet 2010 13:13
 
ce matin Yann est deuxième!
Vendredi, 30 Juillet 2010 08:32

info pour l'éventuelle pénalité de Yann:
"Son cas (déplombage et utilisation du moteur pour se déséchouer) sera jugé à Brest. Ayant agi pour la sécurité de son bateau, il ne risque pas une disqualification, mais à coup sûr une pénalité en temps qui, selon le Jury de La Solitaire, se montera au minimum à 30 minutes.

jean philippe
Mise à jour le Vendredi, 30 Juillet 2010 08:33
 
les images de la mésaventure de Yann
Jeudi, 29 Juillet 2010 19:41

La mésaventure de Yann Eliès, dont le bateau, Generali, s’est échoué à proximité de la plage de Primel en Plougasnou mercredi vers 20h30, a été suivie par nombre de témoins.

André Constant, adjoint au maire de Plougasnou, qui réside face à la plage, raconte. «J’étais chez moi, je voyais les bateaux de la course en solitaire du Figaro qui faisaient tous cap sur le Diben, sans doute à la recherche du vent de côte. Le bateau de Yann Eliès venait tout droit, à toute vitesse, sous voiles, j’ai pensé qu’il avait un problème technique». André Constant a donc vu le bateau, sans personne sur le pont, aller tout droit sur les cailloux, et Yann Eliès apparaître enfin et manœuvrer. «Avec mon voisin, nous sommes allés sur la plage, le bateau était à une cinquantaine de mètres, nous avons donné des indications par gestes pour qu’il puisse sortir en arrière, le skipper a alors tourné sous spi, une belle leçon de savoir-faire pour nous, et est sorti au moteur». Et le Costarmoricain a repris sa route sous les applaudissements.

cliquez ici:

http://www.letelegramme.com/sports/voile/solitaire-du-figaro-yann-elies-a-demontre-son-savoir-faire-diapo-29-07-2010-1004500.php

ce soir Yann est deuxième!!!!

jean philippe

 
Yann Eliès s’échoue… et se déséchoue
Mercredi, 28 Juillet 2010 21:37

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Plus de peur que de mal, donc, pour le skipper de Generali-Europ Assistance – qui était pointé en tête dans le dernier classement de 19 heures - Il raconte en substance sa mésaventure lors d’une vacation spéciale :


« J’ai entendu le bateau s’échouer, taper quelque chose. Je suis sorti vite fait et comme je dormais profondément depuis 1 heure, je me suis demandé ce qui se passait et voilà, je me suis rendu-compte que je m’étais échoué comme un grand sur la plage. J’ai hissé le spi, j’ai ballasté du bon côté et j’ai dû mettre le moteur malheureusement pour me désengager …J’ai dû déplomber le moteur mais je vais continuer la course quand même, et puis essayer de sauver l’honneur en en gagnant une. C’est sur que je n’avais pas beaucoup dormi la nuit dernière, mais je m’étais reposé un peu ce matin et j’avais décidé de m’y remettre parce que le clapot s’était un peu calmé, la mer était plus maniable. J’ai quand même eu un peu de chance parce que je suis passé à travers une forêt de cailloux et puis je suis arrivé juste avant que la mer commence à baisser, ce qui m’a permis de ne pas rester échoué sinon, j’aurais pu y rester toute la nuit. C’est la première fois que ça m’arrive de m’endormir sur un bord qui va vers les cailloux. Je pensais avoir mis le réveil mais j’ai dû oublier d’enclencher l’alarme. La course continue. De toute façon, je ne vais pas abandonner. On va essayer de récupérer le coup. C’est un peu la déception parce que je pense que le classement général est terminé pour moi à partir du moment où j’ai déplombé le moteur. Il va falloir trouver une source de motivation ailleurs. Là, je range le bateau, je me remets les idées en place, et puis on va repartir. »

Rappelons que les 45 navigateurs de La Solitaire du Figaro sont actuellement en course dans la première étape partie du Havre hier mardi à 14h00, à destination de Gijón en Espagne.

 
Yann leader à 19H
Mercredi, 28 Juillet 2010 20:02

Grande valse des positions

Il fait frisquet au large du Finistère, mais la bagarre au louvoyage que sont en train de se livrer les 45 solitaires est plus que chaude. Au pointage de 19 heures ce mercredi soir, les positions ont valsé.

Désormais étalée sur 16 milles du nord au sud, la flotte est scindée en trois ensembles inégaux. Un petit groupe de 8 bateaux au nord dont fait partie Kito de Pavant (Groupe Bel). Une grande majorité des concurrents ferraille au centre, aux abords de la route directe, avec parmi eux l’ancien leader Eric Peron (Skipper Macif 2009). Et enfin au sud, un dernier groupe de 9, celui des nouveaux patrons au classement de 19 heures, à savoir dans l’ordre Yann Eliès (Generali-Europe Assistance), Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom) et Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile). Jean Pierre Nicol (Bernard Controls) est le plus méridional de tous. 
S’abriter ou profiter du courant près de terre ; aller chercher du vent de nord-ouest plus au large, chacun a ses motivations et les trajectoires commencent à ressembler à un véritable plat de spaghettis. Avec des vitesses aussi modestes que disparates (3 à 5,9 nœuds) et encore des bords à tirer jusqu’à la pointe Bretagne, la fin de la journée et la nuit risquent d’être très longues pour les navigateurs en route vers l’Espagne.

Le clin d’œil du large

Pour l’ambiance, à bord du catamaran Direction de Course, on nous rapporte des « trouées de soleil, genre lumière divine, qu’il ne fait pas chaud (17°), que la mer est d’argent, et que Bernard Stamm est torse nu quand tout le monde porte sa veste de quart… »

Mise à jour le Mercredi, 28 Juillet 2010 20:04
 
la FIGARO,c'est parti!!!
Mardi, 27 Juillet 2010 17:33

Entrée en scène en baie de Seine

27-07-2010

La première étape de La Solitaire du Figaro 2010 a été lancée à 14 heures devant les falaises du Havre. Un départ de petit temps sous un plafond gris troué de lumières pâles, digne des grandes heures de l’épreuve estivale. Les 45 figaristes s’apprêtent à passer leur première nuit en mer, au près, en direction de la pointe du Cotentin. Plusieurs écueils sur leur route : des algues, du jus et une stratégie délicate au louvoyage dans un vent voué à fraîchir jusqu’à 20 nœuds à l’approche du Raz Blanchard.

De la Haute Normandie aux Asturies, il y a 515 milles et peut-être autant de chausse-trapes. Les premières minutes de course ont donné un aperçu de la difficulté de ce début de parcours joué dans les petits airs et les courants havrais. Deux concurrents, Louis-Maurice Tannyères (St.Ericsson) et le Portugais Francisco Lobato (ROFF/Tempo Team) sont rappelés à l’ordre pour leur départ prématuré devant le cap de la Hève tandis qu’une poignée de fins limiers prend un avantage immédiat dans les premières longueurs vers la bouée de dégagement Seamobile.

Peron le plus prompt

C’est Eric Peron (Skipper Macif 2009) qui réussit le mieux son entrée en scène dans la baie de Seine. Parti en bout de ligne sur la gauche du plan d’eau, il va mener le bal en compagnie d’un petit groupe composé de Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom), Adrien Hardy (Agir Recouvrement), Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr), le bizuth Damien Guillou (La Solidarité Mutualiste), Laurent Gouezigoux (Trier c’est préserver), Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham), Marc Emig (Marcemigetmoi.com), Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) et Alexis Loison (All Mer Ineo GDF Suez). Après 47 minutes de course poussive dans un vent de nord-ouest qui va osciller entre 4 et 9 nœuds, ce top 10 enroule dans l’ordre la bouée Radio France. Dans la lumière laiteuse et les quelques gouttes de ce début d’après-midi, la flotte, étalée sur un mille, est enfin libérée. Cap vers le crépuscule et Barfleur, premier point redouté de cette remontée en Manche.

« Tout pour faire un pataquès au mois d’août »

« Je ne suis jamais rassuré quand j’entends les routeurs dire que ça va être très simple. J’ai assez d’expérience pour vous dire que ça va être au contraire très compliqué. C’est une étape de 500 milles avec tout ce qu’il faut pour faire un gros pataquès du mois d’aout » lançait Eric Drouglazet ce matin au moment de quitter les quais du Havre. Le skipper de Luisina, vainqueur de l’édition 2001 et partant pour la 18e fois, n’est pas le seul à prédire des heures alambiquées et sans sommeil au moins jusqu’au passage des îles anglo-normandes demain à la mi-journée…
Mise à jour le Mardi, 27 Juillet 2010 17:35
 
allez Yann
Mardi, 27 Juillet 2010 07:50

Aujourd'hui grand départ!
Alors M..... à Yann et bon courage à Erwan à terre!!!!
tous lers supporters de club elies sont avec vous!

Jean Philippe

 
Solitaire du Figaro, prologue aujourd'hui au Havre Eliès : «Une envie de revanche»
Dimanche, 25 Juillet 2010 06:59

A 36 ans, Yann Eliès va disputer sa 12e Solitaire du Figaro. Deuxième l'an passé, le Briochin revient à la charge, cet été, plus motivé que jamais. Ses impressions à l'approche du coup de canon au Havre.



Yann, c'est votre 12e participation, cela commence à compter?
«Douze : j'ai arrêté de compter. Je laisse cela aux journalistes (rire). Il ne faut pas avoir peur du mot, je suis un ancien. Dans cette série, on passe vite de bizuth à ancien quand on la fait quasiment tous les ans. C'est une passion et pas une nécessité.»

Que représente cette course pour vous?
«C'est un peu la course d'une vie qui a été un fil rouge pour moi en tant que main et homme. Je l'ai démarrée sur un quiproquo. Je l'ai faite parce que mon père l'avait courue et gagnée. Mais l'héritage n'était pas facile. A mes débuts sur cette épreuve, je n'avais pas encore l'amour du large, l'expérience. Les deux-trois premières années, c'était un peu douloureux. J'ai eu le déclic à partir de 2001 quand je suis revenu de The Race (course autour du monde en équipages sur multis). J'ai compris ce que c'était d'arriver à se dépasser pas dans la douleur mais au contraire en éprouvant un sentiment de plénitude.»

L'an passé, cette course vous a vu revenir après votre accident dans le Vendée Globe. Avec une victoire d'étape, cela vous a mis du baume au coeur?
«Oui, énormément. L'an passé, j'avais un objectif qui était de rebondir après ma grave blessure dans le Vendée. Il fallait que je recouvre mes moyens et la confiance. Un tel objectif, cela sublime, ça permet de se transcender. Cette année, cela va être très différent mais j'y reviens avec une énorme motivation. Ma blessure n'est plus qu'un mauvais souvenir. Je me sens gonflé à bloc, physiquement et moralement.»

Au départ de la dernière Transat ag2r au printemps, vous aviez la hargne et vous étiez plein d'espoir. Mais le scénario de la course vous a été contraire (19e). Cela a été difficile à digérer?
«Au départ de cette transat, on avait le sentiment d'être en phase, d'être au point. On avait gagné le prologue, on avait l'impression que ça se présentait bien. Mais c'est une course ingrate où il suffit de rater un tout petit coup et après, on passe trois semaines en mer à regarder les copains se battre devant. Mais j'ai tourné la page. Du coup, j'aborde cette Solitaire avec une envie de revanche. C'est ce qui va m'animer pendant trois semaines. »

Quel est votre objectif sur cette 41e édition?
«Il y a le challenge de faire une belle Solitaire car je suis tout proche de finaliser avec un ou des partenaires pour refaire le Vendée Globe. Le temps s'écoule et idéalement, il faudrait signer en septembre ou octobre. Ces partenaires éventuels vont suivre la course avec un oeil particulier. J'ai fait deux fois deuxième en 2004 et 2009, trois fois cinquième. Donc l'objectif, c'est la gagne. »

Que vous inspire ce parcours assez technique?
«Techniquement, il est rythmé par un grand nombre de passages à niveau et ce format va permettre d'espérer jusqu'au bout. Même si quelqu'un arrive avec trois-quatre heures d'avance sur la première étape, il y a un paquet de dificultés qui permettront de se refaire. Il se caractérise aussi par de longues étapes. J'aime bien ces étapes au long cours qui obligent à puiser au plus profond de ses ressources physiques et mentales. »

Il y a un plateau très relevé et beaucoup de prétendants avec plusieurs marins de retour du circuit 60 pieds. Est-ce un retour aux sources par défaut?
«Non, c'est plutôt une façon de se remettre en question. On ne peut pas réussir sur cette course si on y vient par défaut. Il faut aimer l'exercice de naviguer en solitaire en se mettant dans le rouge au niveau du sommeil. C'est un sprint de tous les instants, un véritable combat avec tous les autres concurrents. Le Figaro, c'est une grande classique que tout marin rêve de gagner. Cette épreuve couronne toujours un grand champion. »

A quoi tient la victoire qui vous a, pour l'instant, échappé?
«Il faut être conscient que chaque année il y a un marin qui est touché par la grâce. Au départ, il a les mêmes compétences que les autres, mais pour celui-là, tout va mieux s'enchaîner. L'an passé, je pense que je perds l'épreuve à 1h 30 de la fin à Dieppe, sur une petite faute d'inattention. Il y avait plusieurs marins en passe de l'emporter, cela a souri à Nicolas (Lunven). La voile est un sport où il y a beaucoup de rebondissements, de joie et de tristesse. Mais quoi qu'il arrive à la fin, on a vécu des émotions fortes. C'est ce qui en fait le charme et la richesse.»

  • Recueilli par Gilbert Dréan
  • www.letelegramme.com

jean philippe

Mise à jour le Dimanche, 25 Juillet 2010 07:03
 
interview de Loic Le Bras avant la Figaro
Samedi, 24 Juillet 2010 07:36

40 ans de la Solitaire du Figaro / Interview (6) Yann Eliès : «L'ambiance a tendance à pas mal se tendre avant le départ !»

Miraculé du dernier Vendée Globe, Yann Eliès, 36 ans, a vu la victoire lui échapper de peu sur la dernière Solitaire du Figaro. Le skipper de Generali-Europ Assistance dispute sa dernière saison sous les couleurs de l’assureur italien après douze ans de collaboration. En attendant son objectif du Vendée Globe 2012, il revient sur la Solitaire et livre quelques secrets sur la guerre psychologique entre coureurs avant le départ. Interview…

  • Par Loïc Le Bras
  • Publié le : 23/07/2010 06:02
Objectif Vendée Globe 2012 pour Yann Eliès qui s'est totalement remis de son accident de la dernière édition.
Objectif Vendée Globe 2012 pour Yann Eliès qui s'est totalement remis de son accident de la dernière édition.

Photo © Gilles Martin-Raget (Generali)
voilesetvoiliers.com : Comment te sens-tu à quelques jours de la première étape ?

Yann Eliès : Bien, je rentre de vacances. Je viens de passer quinze jours en croisière en famille entre l’île d’Yeu et Groix. C’est un peu traditionnel chez moi de partir en vacances avant le Figaro, de faire un bon break, et de me remettre dedans dix jours avant le départ. Je suis dans mon schéma idéal de préparation.
v&v.com : L’an dernier, la victoire finale t’a échappé de peu. Tu étais très frustré sur le moment. As-tu digéré cette déception ?
Y.E. : C’est vrai que j’étais super déçu. Mais après 24 ou 48 heures de digestion, j’ai quand même compris que vu le chemin parcouru l’année dernière entre l’accident sur le Vendée Globe et la deuxième place sur le Figaro, j’étais au-delà des objectifs que je m’étais fixés. C’est très frustrant de passer proche de la victoire, mais cette deuxième place, comme en 2004, c’était un peu une victoire en elle-même pour moi. Mais c’est vrai que c’était dur de tout perdre dans les derniers milles avec le sentiment d’avoir tout fait pour gagner. Mais ça, c’est la magie du Figaro. J’ai lu l’interview de Sébastien Josse la semaine dernière sur votre site voilesetvoiliers.com, il le dit bien. C’est une course qu’on n’a pas forcément besoin de gagner pour s’accomplir et faire autre chose. Cette course, j’ai envie de la gagner, mais je suis capable de passer outre. Finir deux fois deuxième et jamais au-delà de la cinquième place sur mes quatre dernières participations me permet d’avoir un niveau suffisant et correct pour pouvoir espérer, pourquoi pas, gagner un Vendée Globe.
v&v.com : Tu reparlais de ton accident sur le Vendée Globe. Est-il toujours présent au quotidien, psychologiquement et physiquement ?
Y.E. : Psychologiquement, plus du tout. J’ai le sentiment d’être passé à autre chose assez rapidement. Les gens que je rencontre m’en reparlent souvent, mais moi, je suis passé à autre chose. Physiquement, je n’ai quasiment plus aucune séquelle. Je ressens des petites douleurs de temps en temps, comme quelqu’un pourrait avoir des rhumatismes. C’est quasiment du passé pour moi.
v&v.com : Tu as conscience que cette histoire incroyable va te suivre toute ta vie ?
Y.E. : C’est clair. Je suis aussi conscient que ça m’aide au quotidien dans ma recherche de partenaires. C’est un événement qui a marqué le grand public, y compris les personnes que je démarche pour trouver de l’argent pour refaire le Vendée Globe. Quand je leur raconte que c’est moi, ils remettent un visage et une histoire sur le marin qu’ils ont en face d’eux. Même si ça me poursuit parfois et que c’est un peu lourd d’en reparler sans cesse, je ne crache pas dessus parce que c’est aussi ce qui me permet aujourd’hui de continuer à faire mon métier. Et j’en tire aussi bénéfice quand je recherche un budget.
v&v.com : Justement, éclaire nous sur la situation au sein de Generali, puisque ton contrat se termine à la fin de la saison et que Nicolas Lunven prend le relais.
Y.E. : Ce qu’il faut comprendre d’abord, c’est que c’est la treizième année que Generali me sponsorise. C’est l’une des plus longues et plus belles histoires du sponsoring voile. On a démarré en même temps que Franck Cammas et Groupama, avec des parcours bien sûr totalement différents. Mais chez Generali, l’accident du Vendée Globe a créé pas mal d’émoi, que ce soit en interne comme au niveau de la direction. Eux ne veulent plus retourner sur le Vendée alors que moi oui. Quand les objectifs divergent, à un moment donné, il faut savoir se séparer. Et puis, c’est aussi une tradition chez Generali de soutenir un jeune dont le père a un passé de marin (les pères de Yann Eliès et Nicolas Lunven ont disputé l’Aurore, l’ancêtre de la Solitaire du Figaro, ndlr). Même si cela n’a pas été présenté de façon très claire, et que cela a peut-être démarré un an trop tôt, c’est quelque chose que je comprends et accepte. Je savais qu’un jour, ça s’arrêterait. Et que ce jour-là, je ne pourrais pas en vouloir à Generali parce qu’ils m’ont permis de faire tout ce que j’avais envie de faire. Il n’y a donc aucun regret ni animosité par rapport à cette transition.
v&v.com : L’histoire serait encore plus belle si elle se terminait par une victoire !
Y.E. : Oui, et il faut se rappeler que lorsque j’ai remplacé Pascal Bidégorry l’année où il avait gagné la Solitaire, il avait l’autocollant Europ Assistance sur sa coque. J’ai donc toutes les chances de mon côté ! J’aimerais offrir à Generali une dernière victoire. (En 2000, la Solitaire s’était conclue à Cherbourg, comme cette année… ndlr)
Après douze ans de collaboration, Yann Eliès et Generali se séparent à la fin de la saison. Ces derniers ne veulent pas retourner sur le Vendée Globe.
Après douze ans de collaboration, Yann Eliès et Generali se séparent à la fin de la saison. Ces derniers ne veulent pas retourner sur le Vendée Globe.
Photo © Benoît Stichelbaut
v&v.com : Le niveau est très homogène en Figaro et pourtant, chaque année, il y en a un au-dessus du lot. Comment s’explique cette réussite soudaine qui en touche un et pas les autres ?
Y.E. : Oui, c’est vraiment ce sentiment que j’ai. J’en réfère encore à l’interview de Sébastien Josse qui disait qu’il était impossible de dégager un seul nom parmi les quinze favoris. Il y a juste quelqu’un qui, à un moment donné, a le feeling, la réussite de son côté. Il est en état de grâce ce qui lui permet de passer au-dessus des autres. J’ai approché cet état à deux reprises en 2004 et l’année dernière.
v&v.com : Ça se ressent ?
Y.E. : Ah oui ! T’as vraiment l’impression que t’as la chance de ton côté. J’ai eu le sentiment l’année dernière d’en avoir pas mal. A posteriori, j’estime que j’ai mérité la place que j’avais parce que j’avais eu aussi un peu de chance. Dans ces moments-là, tu ressens que t’es en état de grâce. Tous les coups que tu tentes passent. Les choses te paraissent limpides. La cohésion avec ton bateau et les éléments est idéale.
v&v.com : La Solitaire fête ses 40 ans cette année. Ton père l’a gagné en 1979. Que représente cette course pour toi ?
Y.E. : Personnellement, c’est l'épreuve qui m’a permis de m’accomplir en tant que marin. Quand j’ai démarré, je n’étais qu’un régatier qui ne savait pas ce que c’était que d’être marin. C’est une course qui fait vibrer, qui donne des émotions, à laquelle on ne reste pas indifférent. On s’y attache avec le temps. Comme tout sportif de haut niveau, on vient chercher ces émotions, cette adrénaline. C’est pour ça qu’on y retourne.
v&v.com : Pour la douzième fois dans ton cas !(*) Donc, on ne s’en lasse pas ?
Y.E. : Tout à fait. J’ai la chance ces dernières années de ne pas disputer tout le circuit et de pouvoir simplement me concentrer sur cette course-là. Du coup, je n’ai pas le mauvais côté de la classe Figaro. Au début, on a besoin de beaucoup naviguer, donc on est content de faire toutes les courses. Mais quand, comme Gildas Morvan ou Eric Drouglazet ou autres, on a tout le programme à faire, je pense qu’on a du mal dans cette forêt de courses à garder de la motivation pour la Solitaire du Figaro.
Après deux jours d'attente, les sauveteurs australiens récupèrent Yann Eliès avec le fémur brisé, des côtes cassées et le bassin fracturé... Un accident qui a marqué le Vendée Globe 2008-2009.
Après deux jours d'attente, les sauveteurs australiens récupèrent Yann Eliès avec le fémur brisé, des côtes cassées et le bassin fracturé... Un accident qui a marqué le Vendée Globe 2008-2009.
Photo © D.R
v&v.com : Je te pose quand même la question, même si tu y as en partie répondu plus haut. Qui est ton favori en dehors de toi ?

Y.E. : Eh bien justement, Sébastien Josse ! (rires) Tout le monde parle de Gildas Morvan, mais je pense qu’il arrive toujours à se mobiliser, à faire de belles performances sur les courses d’avant-saison, mais il lui manque quelque chose sur cette course-là. Je pense que des mecs comme Sébastien Josse, qui a un peu le même profil que moi, ou Kito de Pavant aussi, qui reviennent avec uniquement cette course comme objectif, seront des clients.
v&v.com : Même si Josse a quitté le circuit voici huit ans, à l’époque du Figaro 1 ?
Y.E. : Oui, je pense que ce n’est pas un souci. Seb' dit qu’il n’a pas navigué du tout, mais ce n’est pas vrai. Il s’est entraîné à Port-Laf, et il a bien vu qu’il n’avait pas à rougir de ceux qui naviguent sur tout le circuit, jeunes comme anciens.
v&v.com : Il cacherait donc son jeu. Y a-t-il de l’intox entre vous ? Une guerre psychologique avant le départ ?
Y.E. : Tout à fait. On le ressent bien. L’ambiance a tendance à pas mal se tendre avant le départ. Pendant cette semaine de préparation, on voit bien le caractère et le mental de chacun. Ce qui amène parfois un peu de tension quand on lit un peu trop la presse. Ça fait partie des petites erreurs à ne pas faire. Il faut rester dans sa bulle jusqu’au moment du départ.
v&v.com : Vous vous servez des médias pour mettre la pression sur vos adversaires ?
Y.E. : Clairement, mais pas uniquement. C’est un des canaux par lequel on peut avoir une influence psychologique sur les autres.
v&v.com : Après cette Solitaire, ton objectif est donc le Vendée Globe 2012 ?
Y.E. : Oui, je considère même qu’une bonne Solitaire m’aidera à convaincre de nouveaux partenaires que je suis le bon coureur pour le prochain Vendée Globe. J’ai déjà un premier partenaire qui met la moitié du budget. Il ne me reste plus qu’à trouver l’autre, à la façon Virbac-Paprec pour boucler le budget. On est tout proche du but. Il faut boucler ça fin octobre.
v&v.com : Tu repartirais sur un bateau neuf ou d’occasion ?
Y.E. : Plutôt sur une occasion, car le timing commence à être serré. Mais les deux solutions sont envisageables. La construction est intéressante, mais je considère qu’il est préférable de passer du temps en mer avec sa machine même si elle a un petit moins, et de la développer lors de petits chantiers d’optimisation.

(*) 11 participations de 1997 à 2009 : 30e, 13e, 19e, 21e, 6e, 10e, 12e, 2e, 5e, 5e, 2e.

source:

http://www.voilesetvoiliers.com/items/remote_print/3297

jean philippe

Mise à jour le Samedi, 24 Juillet 2010 07:40
 
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